Dans le contexte actuel marqué par la transformation numérique , il apparaît essentiel d’analyser les profils d’usagers qui interagissent avec les technologies de l’information et de la communication. À cet effet, les notions de digitals-natives, digitals-migrants et e-analphabètes constituent des catégories analytiques pertinentes pour comprendre les dynamiques de communication numérique au sein des organisations.
Les digitals-natives désignent les individus ayant grandi dans un environnement profondément marqué par le numérique. Leur familiarité précoce avec les outils digitaux leur confère une aisance apparente dans l’usage des technologies, notamment des réseaux sociaux, des plateformes collaboratives et des contenus multimédias. Dans une perspective de communication numérique des organisations, ces acteurs représentent une cible privilégiée, car ils favorisent l’interactivité, la rapidité de diffusion de l’information et l’innovation communicationnelle. Toutefois, cette compétence technique ne s’accompagne pas toujours d’un esprit critique suffisant face aux enjeux de désinformation, de protection des données personnelles et de manipulation des contenus numériques. Dès lors, les organisations ont la responsabilité de développer des stratégies communicationnelles éthiques et pédagogiques à leur endroit.
Les digitals-migrants, quant à eux, sont des individus qui ont découvert et adopté les technologies numériques à un stade plus avancé de leur vie. Leur rapport au numérique est généralement marqué par un processus d’apprentissage progressif et parfois contraint par les exigences professionnelles ou institutionnelles. Dans les organisations, ils occupent souvent des positions décisionnelles ou stratégiques, ce qui fait d’eux des acteurs clés de la transition numérique. Cependant, leur adaptation aux outils digitaux peut être freinée par des résistances au changement ou une maîtrise partielle des usages numériques. Ainsi, une politique de communication interne fondée sur la formation continue et l’accompagnement apparaît indispensable pour garantir une intégration harmonieuse du numérique.
Enfin, les e-analphabètes renvoient aux individus exclus de l’univers numérique, soit par manque d’accès aux technologies, soit par insuffisance de compétences numériques de base. Cette catégorie met en lumière la persistance de la fracture numérique, particulièrement visible dans les contextes socio-économiques fragiles. Du point de vue de la communication numérique des organisations, l’existence des e-analphabètes pose un défi majeur en termes d’inclusion et d’équité informationnelle. Il devient alors impératif de concevoir des stratégies de communication hybrides, combinant outils numériques et canaux traditionnels, afin de ne pas marginaliser ces publics.
En définitive, les notions de digital natives, digital migrants et e-analphabètes ne doivent pas être envisagées comme des catégories rigides ou opposées, mais plutôt comme un continuum de compétences et d’usages numériques. Le communicateur numérique des organisations se trouve ainsi investi d’un rôle stratégique : celui de concevoir des dispositifs de communication inclusifs, adaptés aux divers profils d’usagers, tout en contribuant à la réduction de la fracture numérique et au renforcement de la citoyenneté numérique.
Marcelo
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